Pouvoir et gouvernance

L’évolution des structures de pouvoir et le scepticisme croissant entraînent une remise en question des institutions. Dans ce contexte, comment le réseau peut-il continuer d’inspirer la confiance ?

 

Ces dix dernières années ont mis en lumière la fragilité et l’inaptitude des mécanismes actuels de gouvernance mondiale pour ce qui est de trouver des solutions adéquates aux problèmes de la planète. De nombreuses voix suggèrent que la taille et les capacités des États sont inadaptées aux problèmes auxquels notre société toujours plus mondialisée est confrontée. Parallèlement, les formes de gouvernance transfrontalière évoluent et gagnent en force et en efficacité comme le montrent par exemple la récente initiative de la Chine relative à la nouvelle route de la soie (One Belt One Road), l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et les zones régionales de libre- échange qui prolifèrent en Afrique occidentale et orientale.

Le secteur privé voit lui aussi son pouvoir et son influence se renforcer et pourrait ainsi proposer de nouvelles formes de gouvernance, bon nombre d’entreprises exerçant déjà davantage d’influence sur les questions mondiales que la plupart des pays, comme en témoigne le fait que le gouvernement danois ait récemment nommé un ambassadeur auprès de la Silicon ValleyQuelques organisations humanitaires internationales, comme Amnesty International et l’Unicef, ont fait de même. Le secteur privé participe par ailleurs de plus en plus à l’aide humanitaire et à l’aide au développement, ce qui continue de remettre en question le rôle de gouvernance joué par les États et les organisations humanitaires. Les villes s’emploient aussi de plus en plus à démontrer leur pouvoir géopolitique à l’échelle mondiale, et les mégapoles jouissent désormais elles-mêmes d’une grande influence.

Ces différentes poches de pouvoir et d’influence nouvellement formées traduisent une certaine réalité: jamais les institutions mondiales (notamment les organisations gouvernementales et humanitaires) n’ont bénéficié d’une confiance aussi limitée. Le Baromètre de confiance Edelman 2017 dresse le tableau d’un système mondial brisé, sans grand espoir d’amélioration. Alors qu’en 2001 elles étaient perçues comme de plus en plus influentes, les organisations humanitaires se retrouvent aujourd’hui enfermées dans un climat de méfiance.

Ce contexte alimente la montée des mouvements sociaux et des groupes marginaux, qui s’élèvent contre les problèmes causés par le pouvoir et l’élitisme. La longue stagnation économique et la méfiance croissante à l’égard de la politique attisent le populisme, le nationalisme et les affrontements culturels et religieux, signe d’un scepticisme grandissant à l’égard du gouvernement et de la bureaucratie dans de nombreuses démocraties, en particulier chez les jeunes. Par ailleurs, dans les pays du Sud, les gouvernementaux nationaux s’affirment avec davantage d’assurance et remettent en question les interventions étrangères dans des affaires internes.

Éléments et points de friction devant être pris en considération par la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge

  • Les structures du réseau de membres de la Fédération internationale et les processus de prise de décisions sont-ils cohérents compte tenu des évolutions sociales et politiques plus globales ? Les structures institutionnelles et financières établies par le passé au profit des flux nord-sud sont- elles adaptées à l’évolution des pouvoirs et des influences à l’échelle mondiale ?
  • Face aux problèmes croissants de crédibilité et de confiance, et dans un contexte complexe où les parties prenantes sont diverses (communautés, donateurs, partenaires), par quels moyens le Secrétariat et les Sociétés nationales peuvent-ils continuer à inspirer la confiance ?

Qu’en pensezvous ?

Y a-t-il d’autres éléments relatifs à cette tendance que nous devrions envisager ?

Comment pensez-vous que cela affectera la vulnérabilité et la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge?

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